La société esclavagiste a donc tué le mythe, mais n'a pas pu empêcher au corps de se souvenir du rite MAITRE MARABOUT SASSOU

 

Transporté à Saint-Domingue, confronté à une nouvelle réalité sociale, le vaudou, élaboré par une société féodale, a survécu et s'est reconstitué dans un milieu paysan. Cette "ruralité" du vaudou Bénin et l'absence de tout clergé structuré ont profondément modifié le fond et la forme du message religieux retransmis. D'abord, la religion Béninoise si elle sous-tend tout le système hiérarchique de la société paysanne, n'en est pas moins une religion résolument égalitaire, au sein de laquelle les rapports sociaux s'expriment de manière détendue. En outre, elle est faite pour englober tous les membres de la communauté, y compris - et surtout - les plus déshérités (au Dahomey, les rapports entre le prêtre et le fidèle sont des rapports de dépendance absolue ; de plus, seuls les initiés participent activement au culte).

 

En second lieu, le rituel lui-même, bien qu'il obéisse à des normes de base strictes, est très souple et présente, d'une région à l'autre, des variations plus ou moins importantes. Bien souvent les prêtres ont dû improviser, inventer pour remplir les blancs laissés dans la tradition par l'arbitraire de la traite négrière.

 

Enfin, le clergé vaudou se caractérise par une connaissance précise et minutieuse du gestuel religieux, des attributs, goûts et traits de caractère des dieux, du symbolisme et des vertus des feuilles et des plantes, mais aussi par une connaissance incroyablement pauvre de la mythologie. "Le mythe a beau reculer les événements dans un passé mystérieux, il reste la peinture d'une certaine société, il reflète les structures des lignages, la formation des chefferies, les règles de la vie communautaire. Or l'esclavage a détruit cette infrastructure. En conséquence, Ce n'est pas l'usure, c'est le changement de la société qui explique la perte des images"

 

La société esclavagiste a donc tué le mythe, mais n'a pas pu empêcher au corps de se souvenir du rite. C'est pourquoi nous pouvons dire du vaudou Bénin qu'il est une religion essentiellement "dansée", au sens le plus large, car tout ce qui s'est conservé l'a été par le corps. Le rite lui-même est souvent vidé de son contenu. Figé dans la répétition rigoureuse, il a été transmis à travers les générations à l'état de geste pur. Un exemple , ces longues formules rituelles "en langage" que personne ne comprend plus et qui, par conséquent, se dégradent, tout en gardant leur force mystique et la marque sonore de leur origine africaine. P. Verger a recueilli ainsi un chant rituel d'une fidélité exceptionnelle, chanté par des fidèles Béninois qui ne le comprenaient plus, mais qu'un initié dahoméen a traduit sans hésiter.

 

Houmfort :
Rien ne distingue à première vue le sanctuaire (houmfort ou houmfô) de la maison principale du chef de famille. Le seul trait qui caractérise extérieurement le temple et le différencie de la maison ordinaire est son péristyle, sorte de hangar largement ouvert (ou de grande tonnelle) où ont lieu toutes les cérémonies publiques. Le sol du péristyle est toujours de terre battue ; le contact avec la terre est indispensable à la communion avec les esprits : elle reçoit des libations, elle absorbe le sang des sacrifices offerts aux dieux ; les reliefs des repas rituels y sont enfouis et les initiés ne peuvent fouler le sol du sanctuaire que déchaussés.

 

Le péristyle est encore sacralisé par la présence du poteau mitan, pilier central qui soutient son toit et qui sert d'axe de communication entre les hommes et les esprits. C'est le pivot des danses rituelles ; tout se fait à partir de lui, autour de lui, il est le "chemin des esprits". Certains ont vu dans le poteau mitan une représentation stylisée de l'arbre sacré : l'arbre tient une place capitale dans le vaudou Bénin et dahoméen : chaque esprit a son arbre (dit, en Bénin , arbre reposoir) dont les feuilles sont douées d'un grand pouvoir. Ces arbres sont d'ailleurs nourris rituellement une fois par an, on y accroche également les offrandes quotidiennes des fidèles; l'arbre reposoir est un cadeau du dieu. Le poteau mitan, quant à lui, est un axe par lequel les esprits atteignent le sanctuaire. Le péristyle est attenant aux "chambres des mystères", le saint des saints du sanctuaire qui a gardé son nom africain de bagui Dans le bagui s'élèvent un ou plusieurs autels en maçonnerie VAUDOU Sur ces autels s'entassent les pots tête des initiés, les pierres symboliques des dieux (certaines d'entre elles ont été apportées d'Afrique par les esclaves), le hochet duprêtre, \ asson1, signe de sa puissance au moyen duquel il appelle les dieux, les govi\ cruches sacrées contenant une mixture qui permet aux dieux de s'y réfugier pour s'y "réchauffer" et où ils se manifestent quand on les invoque hors des cérémonies ; fichés en terre le sabre d'Ogoun. Le bagui "est aussi un vestiaire où les possédés viennent chercher les vêtements et les objets qui leur seront nécessaires pour représenter la divinité qui les habite" Ces accessoires du théâtre sacré pendent aux murs de même que les colliers des initiés (en tous points identiques à ceux du Dahomey).

 

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